A LA DECOUVERTE DE …

 

" Eddy Mitchell "

 

Claude Moine aime à répéter: "… j'emmerde personne et j'aime pas qu'on m'ennuie…" Tel est le personnage. Si Eddy Mitchell (de son vrai nom de scène…) dans ses spectacles ne compose pas et a horreur de la cuisine des studios (ah! tout de même une cuisine que ce bon vivant n'aime pas) parce qu'en tournée, précise-t-il, il y a un rapport de complicité avec le public: au cinéma notre rocker national n'arrête pas les compositions. Et il en est passé entre ses mains et dans sa tête des personnages pittoresques, attachants ou détestables.

Du frère nonchalant et paresseux de Stéphane Audran dans "Coup de Torchon" (remarquez ! il l'est certainement un peu dans la vie) tout comme cet autre nonchalant professionnel qu'est Philippe Noiret, son partenaire dans le même film; à la "Cuisine américaine", son dernier film: que de personnalités interprétées avec mérite, eh ! oui…

Attachant, le mari trompé par Miou-Miou dans "Une femme peut en cacher une autre" de Lautner avec comme consolation de partager ce rôle ingrat avec Roger Hanin.

Marrant et cynique, le flic de "Ronde de nuit" de Jean Claude Missiaen dans lequel il crée un duo sympathique avec Gérard Lanvin.

Caricatural lorsqu'il parodie ce monstre bien connu, dans une énième version, dans "Frankestein".

Dramatique, dans "A mort l'arbitre" de Jean Pierre Mocky contre Michel Serrault, haineux froid et hypocrite.

Michel Serrault qu'il retrouve, jouant son ami plein d'attentions, dans le "Bonheur est dans le pré". Rôle qui lui permettra d'obtenir le César du meilleur second rôle.

Attristant pour "Autour de minuit" de Bertrand Tavernier dans lequel il campe un ivrogne sordide.

Même Win Wenders a saisi le potentiel de composition d'Eddy puisqu'il lui confia un rôle dans son film "Jusqu'au bout du monde".

Espérons qu'Eddy ne fera pas de sa carrière d'acteur ce qu'il a fait pour celle de son émission "La Dernière Séance": de l'arrêter.

 

 

 

RETOUR VERS…

 

 

LE VOYAGE DE SELIM de Régina Martial

 

- Le scénario: Jeune algérien, Sélim débarque à Châteauroux en novembre. Depuis qu'il voulait connaître la France, son rêve se réalisait enfin. Ayant rejoint des compatriotes et son cousin Mustapha, il ne trouvera qu'un travail de manœuvre dans une usine de meuble alors qu'en Algérie il était employé de bureau, mais qu'importe. A la bibliothèque de la ville, il rencontre Evelyne, professeur de lycée. Elle est célibataire et vit encore chez ses parents, notables s'il en faut. Ils vont s'aimer d'abord très discrètement puis ils s'autorisent des apparitions en public au grand dam du cousin et des compatriotes de Sélim. Les parents d'Evelyne apprenant la situation somment leur fille de stopper cette liaison d'autant que le père est candidat aux prochaines élections municipales. Petit à petit Evelyne va choisir le camp de sa caste et ses parents au détriment de son amour pour Sélim. Ce dernier va être mêlé à un fait divers malgré lui. En effet, suite à une agression contre une vieille dame par un homme "de type arabe", il va être arrêté par la police et accusé de ce délit. Rassurez-vous il est innocent parce que justement son alibi était Evelyne, mais il n'en dit mot de peur de la compromettre publiquement. Il sera donc inculpé, notre professeur de lycée le laissera dans cette situation par peur. En tentant de s'échapper, afin de convaincre Evelyne de dire la vérité, Sélim est abattu par la police.

Scénario et mise en scène: Régina Martial / Musique: Zilouca / Interprètes: Djelloul Beghoura (Sélim), Evelyne DIDI (Evelyne), Claude Bouchery ( le père d'Evelyne) / Production FR3 (Cinéma 16)

 

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